01 Mai 2021

92/ Jardins d’école à Colombes

Aménagement Ateliers
2021
Colombes
NC
Ecole Jeanne d’Arc
Type
Date
Lieu
Budget
Client

Depuis 2019 nous accompagnons l’école Jeanne d’Arc dans la transformation de leurs espaces verts. Après une première phase d’étude et de premières plantations pour donner les directives paysagères et en faveur de la biodiversité nous sommes intervenu pour une nouvelle phase ambitieuse d’aménagement / ménagement des lieux.

Végétalisation de pylônes en métal pour laisser les grimpantes coloniser les bâtiments, installation de nichoirs, renfort des continuité végétales, signalisation d’un parcours pédagogique, installation d’une pergolas, réalisation d’une zone humide, etc.

Plantation d’une haie avec les éco-délégué.es, de centaines d’arbres et arbustes ainsi que de milliers de vivaces tous choisis pour leurs caractéristiques propres : Résister et anticiper les aléas liés au changement climatique, apporter du comestible, des réserves pour la biodiversité, des baies pour les oiseaux, de l’ombre et de la fraicheur pour les espaces minéraux des cours et des classes, etc.

Sticky
21 Mar 2021

L’AMAP bois

En 2019 nous répondions avec l’association Vergers Urbains à un appel projet Paris – Campagne pour soutenir les interactions entre Paris et les campagnes avoisinantes. Entraide, soutien technique, échange de connaissance, amélioration de la résilience entre chacun.e

Le sujet spécifique que nous avons souhaité développer est celui de la forêt durable et de l’approvisionnement local de bois en Ile-de-France !

Aujourd’hui le 21 mars 2021 c’est la journée internationale des Forêts c’est pourquoi nous vous partageons cet article !

Voici une présentation de notre projet, des enjeux et de nos objectifs :

Une AMAP (Association pour le Maintien d’une activité Paysanne) cherche à approvisionner des légumes locaux et bio, à soutenir un maraichage humain et écologique et à rapprocher le producteur des consommateurs.

Le principe serait un peu le même pour notre projet que nous pourrions renommer AMAF bois. Une AMAF bois permettrait aux consommateurs de savoir d’où vient son bois, produit par qui et comment, approvisionner et transformer de quelle manière, etc ?

Un métier qui utilise des matériaux naturels

Notre coopérative travaille le bois depuis des années pour une multitude d’acteurs et de clients.
Le déplacement à vélo favorise une approche éco-responsable et pragmatique de notre métier. Nous optimisons la logistique des derniers kilomètres, favorisons les solutions issues de circuits courts, les ressources écologiques et souvent les petites exploitations compétentes.

Le bois a toujours été notre matériau de prédilection et nous aimons le travailler. Malheureusement l’approvisionnement de bois dont nous connaissons l’origine et dont nous pouvons limiter les pollutions liées aux transports reste difficile.
C’est pourquoi nous avons commencé des recherches sur le sujet depuis notre création et petit à petit avec nos partenaires afin de fédérer ensemble nos recherches d’une filière correspondant à nos attentes.

Un marché du bois local inexistant

Nous constatons aujourd’hui qu’il n’existe pas de possibilité de se procurer à Paris du bois d’œuvre pour des chantiers de construction et d’aménagements, dont nous pourrions connaître la provenance exacte, la façon dont il est produit et qui pourrait répondre à des critères écologique.

– Pas de lieu de vente spécialisé proposant du bois local provenant de forêt gérées durablement
– Pas de labels ou de fiches produits assez détaillées à disposition chez les fournisseurs pour les produits que nous recherchons et répondants à nos exigences (sylviculture douce, bois non traité, origine, etc. )
Pas de chaîne d’approvisionnement pour limiter les déplacements (tournée souvent à vide des livraisons des fournisseurs sur Paris, pas de système de commande groupée, etc.)
– Pas de lieux de stockage mutualisés pour économiser de l’espace et des coûts pour les artisans et les associations notamment dans le milieu des jardins (stockage de matériaux, de substrats, de végétaux…)

L’accès à ces informations et à des revendeurs de ce type de bois est encore plus difficile pour les particuliers

En nous associant aux professionnels du monde de la forêt et du bois en Ile-de-France, nous souhaitons mettre en place et animer une filière d’approvisionnement en matériau bois bio-sourcé issue de forêts gérées durablement.


Un premier travail de recherche de compréhension du monde forestier Francilien a été réalisé par nos soins et résumé dans ce visuel :


Les points clés de nos objectifs :

Offrir à l’acheteur ces différents critères :
– Produit localement avec origine précise et traçabilité,
– La connaissance plus personnelle des producteurs, de leur travail, de leur mode de gestion forestière et de distribution,
– Une transparence des prix

Un lieu de vente, une structure participative et grand public :
– Pour les professionnels parisiens et franciliens : menuisiers, constructeurs bois, paysagistes et agriculteurs urbains. Avec une étude spécifique de leurs besoins (bois d’intérieur, bardage, platelage, serres, jardinières…).
– Pour les particuliers pour leur rendre accessible du bois qu’ils ne peuvent trouver dans les circuits habituels et pour leur transmettre de l’information sur la filière Francilienne des forêts

L’organisation de cette filière, depuis l’arbre jusqu’au produit installé chez le consommateur final, assure le contrôle et la maîtrise de sa production et de son suivi.
En association chaque acteur, tout au long de la chaîne et de production, nous entendons créer un système organisationnel collaboratif tant, en amont, sur la gestion de la ressource, qu’au niveau de la chaîne de production et de distribution. Nous souhaitons développer cette filière en nous inspirant de celle des AMAP pour faire le lien entre le “producteur” et le “consommateur”.

Cette filière en vente directe de bois n’existe actuellement pas à Paris et, de part son organisation collective, permettrait d’offrir à la filière bois et à une partie de sa clientèle une plus forte résilience d’approvisionnement.
L’avantage également présenté par ce dispositif est de pouvoir mesurer l’empreinte carbone tout au long des étapes d’exploitation, de production, de transformation, de livraison et d’utilisation du produit.
Elle permet également d’assurer la connaissance environnementale et sociale autour du bois Francilien actuellement méconnue d’une grande partie des Franciliens. A travers des ateliers bois et la mise en place de documentation.

Résumé des innovations du projet

visite de scieries et forêts

– Promouvoir une gestion forestière exemplaire
Nous souhaitons nous approvisionner en bois issu de forêts gérées réellement durablement avec des pratiques respectueuses de l’environnement. Nous souhaitons soutenir une sylviculture qui prenne en compte le changement climatique (captation du carbone, préfiguration des boisements résistants au changement climatique, protection de la biodiversité, etc.)

– Soutenir le travail d’exploitants forestiers et de petites scieries dans les principes de l’ESS
Notamment des exploitations en difficulté financière ou pour trouver un marché face aux grosses scieries. En les soutenant au quotidien (payer au juste prix le bois pour permettre une activité rémunératrice, soutien moral, en s’engageant sur des précommandes et un paiement en avance comme pour les AMAP, avec des achats régulier de produits, en offrant une résilience de leur activité avec la multitude de nos clients / partenaires et avec une demande plus diversifiée de produits, en les aidant sur site si besoin, etc.)

– Répondre aux attentes écologiques des parisien.nes
De demande est grandissante en produits locaux de qualité et en bois d’œuvre.
De réduire le coût énergétique grâce à l’utilisation de matériaux bio-sourcés.
De participer à des projets qui ont du sens et dans lesquels ils peuvent s’impliquer

– Limiter au maximum notre impact écologique lié à la logistique et à l’approvisionnement
Réduire les émissions de dioxyde d’azote et de carbone en optimisant le transport et les modes de production.
Modélisation et optimisation multi-niveaux du transport forestier, gestion collaborative des chaînes d’approvisionnement, des commandes et du dernier kilomètre jusqu’au client.

– Rendre la production Francilienne de bois accessible au public
Mise en place d’un espace de stockage et de distribution à Paris.
Rendre le bois de qualité accessible économiquement à tous et à toutes.
Espace de stockage et d’atelier associatif réapprovisionné en bois et géré par notre réseau local participant au projet.

– Mise en place d’un chaîne logistique collaborative pour optimiser les coûts
Grâce à notre alliance d’acteurs afin d’obtenir des gains de performance en mutualisant la chaîne d’approvisionnement et grâce au partage des ressources (incluant l’information), dans le but de prendre des décisions ou d’accomplir des activités qui généreront des profits que nous ne pourrions (ou seulement partiellement) générer individuellement.
(mutualisation des investissements et des outils logistiques, sécurisation des prix du bois)

– Sensibiliser le grand public et les professionnels
Réalisation d’outils de communication et d’ateliers pédagogiques sur l’importance de changer les modes de consommation en bois (impact de la production du bois sur l’environnement, impact de l’importation de produits de l’étranger fabriqués avec du bois Francilien, impact d’utiliser du bois plutôt qu’un autre matériau, etc.)
Réalisation de fiches produits et du fournisseur, de cartographie (de l’exploitation au client final),
Partage des savoirs autour du bois pour rendre autonome notre public sur le choix et l’utilisation du bois

Pour aller plus loin :

Récolte de bois en Ile-de-France

La Région est exportatrice de Bois d’œuvre et importatrice de Bois d’énergie.
Une incapacité de la filière à répondre à la demande régionale en bois construction, au regard des volumes et des essences recherchées, participe au fait que 20% du bois d’oeuvre d’-Île-de-France part à l’étranger, et que 79% de ce bois sera utilisé dans d’autres régions.

Actuellement en Île-de-France, la récolte de bois est bien inférieure à la consommation de bois brut de la région : 742 000 contre 1 863 400 m3, soit moins du tiers de la consommation francilienne.

Sur ces 742 000 m3 de bois prélevé en Île-de-France,seulement 381 036 m3 sont commercialisés, le reste étant déclaré comme de l’« auto-consommation » (notamment pour le bois de chauffage).
Cependant, 60 % de la superficie des forêts de la région présente des conditions d’exploitation favorables selon les critères de l’IGN adaptés à l’Île-de-France, et seulement 6 % affichent une exploitabilité difficile.

Disparition des scieries régionales
La filière forêt-bois francilienne est dépourvue d’outils de 1ère et 2nde transformation de dimension industrielle. Moins de 1% des bois issus des forêts franciliennes est transformé en Île-de-France (le bois d’œuvre de qualité est transformé dans les régions périphériques – Picardie, Normandie, Centre – ou exporté à l’étranger pour 20 % des volumes – Chine et Europe du Sud).Le bois d’œuvre (BO) a, de son côté, connu une diminution de 33 % ces dix dernières années (-3 % moyenne annuelle) en lien avec la quasi absence d’activités de sciage et de première transformation dans la région et la déconnexion entre l’offre (feuillus) et la demande (résineux)

En effet, à cause de la pression du foncier dans la région, il n’y reste plus que 6 scieries, contre
une soixantaine il y a 40 ans. Le maintien de l’activité des scieries actuelles tient plus du devoir
moral (entreprises familiales souvent centenaires) que de l’intérêt économique.

On estime que 75% du marché francilien leur échappe. Une grande partie des forêts franciliennes se trouve pourtant à moins de 50 km d’une scierie. Situées dans les régions limitrophes, ces scieries peuvent constituer une opportunité de développement de la filière forêt-bois francilienne, via notamment la structuration d’une offre interrégionale et/ou
nationale répondant à la demande du marché de la construction bois francilien.

L’essentiel du sciage des bois franciliens est réalisé hors Ile-de France dans les départements et régions limitrophes : Oise, Aisne, Yonne, Eure, Loiret, Normandie. Quant aux quelques scieries franciliennes, adaptées à leurs forêts, elles scient actuellement 95% de feuillus. Les sciages de résineux ne représentent que 110m3, soit 5% des volumes. Les produits connexes de ces entreprises sont valorisés par les plateformes locales de bois énergie.
Lorsqu’au milieu des années 70, près de 75000 m3 y étaient sciés, il n’en reste plus que 2127 m3 par an. La plus grosse scierie du territoire (Roeser), basée en Seine et Marne, traite 3000m3 de grumes équivalent à 1200m3 de sciage.Les autres scieries(4-5) sont de tailles plus modestes et peuvent être qualifiées d’artisanales. Elles réalisent chacune entre 100 et 500m3 de sciage par an

Programmes et directives dans lesquels se rattachent notre projet

La charte-bois-construction publique d’Ile-de-France
S’articule autour de 5 actions :
1/ La définition d’une bonne stratégie de communication ; d’un message commun pour promouvoir l’utilisation du bois et des matériaux biosourcés ;
2/ La mise en œuvre de moyens de communication auprès des maîtres d’ouvrages et du grand public ;
3/ La dynamisation de la filière bois ;
4 / L’intégration de la notion de traçabilité à l’ensemble des produits bois, doit doivent être utilisés uniquement ceux qui proviennent d’une gestion durable ;
5/ La gestion des déchets bois (Identification ; tri ; valorisation d’au moins 70% des déchets bois)

Le Programme Régional de la Forêt et du Bois d’Île-de-France (PRFB)
Applicable de 2019 à 2029 est le document cadre de la politique forestière régionale, qui accompagne la filière dans la réalisation de ces objectifs :
1/ Gérer nos forêts de manière dynamique, durable et multifonctionnelle dans un contexte de changement climatique
2/ Renforcer la compétitivité et l’emploi des filières bois régionales et interrégionales
3/ Encourager les dynamiques territoriales
4/ Répondre aux attentes sociétales en matière de nature, de paysage et d’accueil du public
5/ Communiquer sur la forêt, sa biodiversité, la gestion forestière, la filière forêt-bois et ses métiers

La loi d’avenir pour l’agriculture, l’alimentation et la forêt du 13 octobre 2014
En application de cette loi a été mis en place le Programme National de la Forêt et du Bois (PNFB), fixant les orientations de la politique forestière nationale pour dix ans. Approuvé par décret le 8 février 2017, ce programme élaboré en concertation avec toutes les parties prenantes de la filière forêt bois se donne 4 objectifs :
1/ Dans le cadre de la croissance verte, créer de la valeur en France en gérant durablement la ressource disponible,
2/ Répondre aux attentes des citoyens et s’intégrer aux projets de territoires,
3/ Conjuguer atténuation et adaptation des forêts au changement climatique,
4/ Développer des synergies entre forêt et industrie.

Francîlbois Ile-de-france
Favoriser l’implantation et le développement en Île-de-France ou dans les régions périphériques d’unités de première et de seconde transformation est un enjeu majeur du PRFB, permettant de valoriser la ressource francilienne principalement constituée de feuillus
– La démarche repose dans un premier temps sur la réalisation d’études d’opportunités de l’implantation d’outils de transformation à articuler avec le développement de partenariats interinstitutionnels et / ou commerciaux à l’échelon interrégional.
– Le développement des usages matériaux des bois franciliens repose sur l’organisation de partenariats institutionnels et économiques entre d’une part, les acteurs publics et privés, et d’autre part, les acteurs de l’amont et de l’aval de la filière. Ces partenariats ont vocation à être développés à l’échelle régionale et interrégionale.
– Il est aussi important de développer les usages du bois francilien, avec notamment la valorisation des bois feuillus sur des marchés, dans le cadre de circuits courts et de proximité en priorité, afin de limiter l’impact environnemental du transport de bois sur de longues distances.

Bilan de l’évaluation du SDRIF (schéma directeur IDF) de 2013
La forêt et le bois font l’objet d’une attention particulière dans le SDRIF. Le projet spatial régional combine les objectifs de valorisation et de protection des espaces naturels et boisés. De nombreux objectifs de la SRFB convergent avec les orientations du SDRIF, notamment dynamiser et territorialiser la gestion de la forêt francilienne, déclencher le réflexe “bois-biosourcé” dans la commande publique, créer des synergies entre la recherche, l’enseignement et le marché, augmenter la part bois sur le marché de la construction, mettre en place et expérimenter un système de neutralisation carbone…
Ainsi, en adoptant une stratégie régionale pour la forêt et le bois 2018-2021, la Région souhaite aujourd’hui se doter d’un cadre lui permettant de mener une action structurante auprès des acteurs de la filière francilienne et faire de la forêt et du bois un vecteur de création d’emplois, de valeur ajoutée et un levier de lutte contre le changement climatique.
Impulsant une dynamique sans précédent en Île-de-France, la mise en œuvre de ces actions vise des retombées positives en termes de création d’emplois, en augmentant, en 5 ans, de 25% le nombre actuel d’emploi de la filière.
Il est également prévu de favoriser la complémentarité des filières régionales par la mise en place de coopérations interrégionales : le développement d’une alternative au transport routier des bois (grumes) et des produits bois (énergie, matériaux) entre l’Île-de-France et les régions voisines est un axe de coopération porté notamment dans le cadre du CPIER du bassin de la Seine

Autres données et points d’intérêts liés à notre projet



– Soutenir les forêts entretenues écologiquement
49 % des peuplements forestiers en France sont mélangés en espèces
La résistances des forêts mixtes aux attaques d’insectes est prouvée dans 80% des études.
Il n’est plus à prouver que les forêts entretenues écologiquement permettent le développement et la longévité de la biodiversité végétale et animale.
L’accroissement courant (commercial) de la forêt mixte a été mesuré aux alentours de 6 m3/ha/an depuis 30 ans.
Il faut continuer de valoriser la production “en continu”, avec des coupes progressives et le maintien d’un peuplement d’âges variés et une partie laissée en “libre évolution”. Soutenir une culture diversifiée, sans coupe rase, sans dénaturation des paysages, sans fertilisants azotés qui acidifient les sols.

– Utilisation du bois en fin d’usage et projets zéro déchet
Les bois traités ou autoclavés, imprégnés à cœur de produits chimiques (100 à 500 Litres par m³), ou au bois composite (fibres de bois associées à des résines plastiques) sont plus ou moins toxiques. En fin d’usage, le bois non traité peut-être par exemple brûlé ou broyé pour les jardins ou le compost alors que le bois traité doit être recyclé en tant que « déchet industriel » et est totalement interdit au recyclage dans les pays du nord.

Nos projets sont économes en bois, nous revalorisons la quasi totalité de nos déchets sur site (paillage, broyat, plessis avec les déchets verts, etc) ou sur d’autres espaces (stockage des chutes de bois, réutilisation des sacs de terreau, des pots en plastique, du bois, des plantes encore en vie avec l’Hôpital des plantes, etc).

– De plus la filière forêt bois est aujourd’hui le principal puits de carbone français qu’il est important de préserver partout en France.
• 75 millions de tonnes eq. CO2 par an absorbé par les forêts en France 80 tC/ha stocké dans les 30 premiers cm de sol forestier
• 100 millions de tonnes eq. CO2 par an émise par l’agriculture 50 tC/ha stocké dans les 30 premiers cm de sol de vergers et cultures
• 30 millions de tonnes eq. CO2 par an émises par l’artificialisation + retournement des sols

– Une construction en structure bois nécessite :
• 9 fois moins d’énergie que le béton,
• 17 fois moins que l’acier,
• et 48 fois moins que l’aluminium.
• 1 m3 de bois = 1 Tonne de CO2 absorbé

Si vous souhaitez
plus d’informations
ou nous aider dans
ce projet, n’hésitez
pas à nous contacter !

01 Fév 2021

La tourbe en eau trouble

Pourquoi nous intéresser à la tourbe ?

Nous recherchons chaque jour à trouver des solutions eco-responsables pour limiter l’impact écologique de notre activité de paysagistes jardiniers.

Cela passe notamment par des pratiques particulières liées à l’usage de substrats :

  • Réutilisation des déchets verts pour les broyer et en faire du paillage,
  • Production de terreau de feuille,
  • Utilisation de terre végétale et de compost,
  • Choix de substrats avec le moins de tourbe et d’engrais
  • Approvisionnement local,
  • etc.

Mais nous ne sommes ni autonomes en matière première, ni irréprochables sur ce sujet et ce, notamment à cause de notre utilisation de tourbe !
Nous avons été sensibilisé de l’impact négatif de cette dernière sur la planète, mais nous ne connaissons ni les causes détaillées du problème, ni les enjeux que cela représente d’en utiliser dans notre métier. Nous retrouvons de la tourbe dans une grande partie des plantes et des sacs de terreaux que nous achetons, il est donc important pour nous de nous y intéresser davantage !



Aujourd’hui, mardi 2 février 2021, c’est la journée mondiale pour les milieux humides et quoi de mieux pour vous parler des milieux humides que de vous parler des milieux humides des tourbières ?


C’est pourquoi nous avons réalisé quelques recherches sur le sujet, et que nous vous les partageons aujourd’hui.

Après quelques jours de lectures et de recherches nous vous résumons, à notre manière, ce que nous avons retenu sur le sujet de la tourbe à travers le visuel ci-dessous (cliquer pour agrandir).

Nous nous sommes surtout focalisés sur l’usage horticole de la tourbe qui nous intéresse particulièrement dans notre métier !!



Nous allons poursuivre nos actions pour employer du terreau sans tourbe et nous informer sur le sujet.

Si le sujet vous intéresse, vous trouverez quelques informations complémentaires ci-dessous, que nous avons glanées, notamment sur le site très intéressant pole-tourbieres.org que nous vous invitons à consulter.


Qu’est ce que la tourbe ?

Une tourbière, par définition, est une zone humide, colonisée par la végétation, dont les conditions écologiques particulières ont permis la formation d’un sol constitué d’un dépôt de tourbe.

Ces écosystèmes se caractérisent, en premier lieu, par un sol saturé en permanence d’une eau stagnante ou très peu mobile privant de l’oxygène nécessaire à leur métabolisme les micro-organismes (bactéries et champignons) responsables de la décomposition et du recyclage de la matière organique. Dans ces conditions asphyxiantes (anaérobiose), la litière végétale ne se minéralise que très lentement et très partiellement. Elle s’accumule alors, progressivement, formant un dépôt de matière organique mal ou non décomposée : la tourbe.​

La tourbe provient des marais qui offrent un habitat de qualité à des espèces animales et végétales rares et menacées. Ils sont aussi des réservoirs d’eau et agissent comme des éponges géantes qui absorbent des masses d’eau énormes et les libèrent très lentement. Un phénomène qui diminue les risques d’inondation. Les marais fonctionnent aussi comme des filtres à eau naturels et finalement, grâce à leur faune et flore uniques, ils jouent un rôle important comme zone de détente pour la population. Ce sont des biotopes humides essentiels.

Dégradation des tourbières et émissions de CO2

Pour améliorer leurs potentialités agricoles, de très nombreuses tourbières ont été asséchées, assainies par le biais de travaux de drainage, ce qui a eu des conséquences environnementales catastrophiques et souvent irréversibles.

L’extraction industrielle de tourbe, bien que très localisée, a été une cause significative de destruction des tourbières. En France, la moitié des tourbières a disparu depuis 1950. 

La tourbe a un caractère non renouvelable. Considérant que l’accumulation moyenne de tourbe annuelle est d’environ 1mm, la formation de la tourbe s’effectue sur plusieurs milliers d’années.

Wikipedia

L’exploitation des tourbières est incompatible avec des objectifs écologiques comme ceux de l’Accord de Paris. Il convient donc d’interdire l’exploitation des tourbières et l’importation de tourbe pour permettre un retour à l’un de leurs rôles principal : être un puit de carbone.

Un hectare de tourbière dégradée émettrait 25 t/an de CO2 dans l’atmosphère. Il est crucial d’éviter la dégradation de celles qui sont encore intactes aujourd’hui, et de restaurer celles qui peuvent encore l’être, d’autant que, selon l’UICN, la dégradation des tourbières émet 2,7 millions de tonnes de carbone par an.

Quelques chiffres :

 

  • Les tourbières couvrent 3% des terres émergées du globe. Leur tourbe contient plus de 30% de l’intégralité du carbone du sol.
  • La quantité de carbone stockée par l’ensemble des tourbières et quasiment équivalente à la quantité de carbone contenue dans l’atmosphère
  • L’union européenne est le deuxième plus grand émetteur mondial de gaz à effet de serre provenant des tourbières.
  • Lorsqu’elle sont affectées à un autre usage que l’initial (exemple : transformation en terre forestière, en terrain agricole ou urbanisé…), les tourbières émettent 25% des émissions de CO2 qu’impliquent l’ensemble des changements d’affectations des terres dans le monde…
    Alors que, rappelons-le, elles ne représentent que 3% des terres émergées !

“Peatlands – guidance for climate change mitigation by conservation, rehabilitation and sustainable use“. Hans Joosten, Marja-Liisa Tapio-Biström & Susanna Tol (eds.), 2012

Une tourbe surtout étrangère dans nos terreaux

La tourbe actuellement extraite en France est destinée à la fabrication de supports de cultures (terreaux horticoles).

L’exploitation des tourbières en France est limitée et possède une règlementation très stricte. Aujourd’hui, la protection des tourbières s’étend et la tourbe française ne représente plus que 4 % des terreaux vendus dans l’Hexagone, selon l’Afaïa.

La tourbe blonde, notamment utilisée en horticulture, provient principalement de l’étranger et des Pays baltes !

Se passer de tourbe ?

La tourbe a une forte capacité de rétention d’eau et une forte porosité, ce qui en fait un bon support de culture. Les tourbes blondes, brunes ou noires peuvent s’adapter à de nombreux usages agricoles.
Son seul défaut cultural serait de ne pas nourrir les plantes car la décomposition des végétaux dans les tourbières est incomplète et elle contient donc peu d’éléments nutritifs. D’où l’usage d’engrais dans les terreaux industriels…

La tourbe est le composant de support de culture le plus employé par les professionnels (86%) et les amateurs (69%).

Un litre de terreau sans tourbe peut émettre jusqu’à 10 fois moins de carbone qu’un terreau avec tourbe, il n’est donc pas négligeable de rechercher des alternatives.

Comment faire ?

Sans nous arrêter là, nous continuerons à faire évoluer nos pratiques pour privilégier un maximum de solutions écologiques, la prochaine étape pouvant être le remplacement des pots en plastique par des contenants en matériaux naturels ou recyclés, qui sait ?

D’ici peu, agriculteurs, pépiniéristes et paysagistes seront amenés à réduire l’utilisation de cette terre des marais, vielle de 3000 à 5000 ans.

Quelques rares fournisseurs de substrats, que nous avons contacté, travaillent à réduire l’usage de la tourbe, les transports et les emballages pour proposer des produits plus écologiques. Il peuvent notamment proposer des substrats sans tourbe composés d’argile volcanique, d’humus d’écorce, de fibres de coco, de fibres de bois, etc.

Le coût de tels substrats est plus élevé (un juste prix écologique ?!), mais la qualité est bien présente pour les usages que nous en avons et nous nous sommes bien adapté à son utilisation. Par exemple, si ce substrat sans tourbe retient moins l’eau, il suffit de penser à arroser en plusieurs fois.

De nombreux « mélanges maisons » sont proposées sur internet, mais l’idée reste d’avoir un substrat proche du terreau tourbeux. Pour cela, sable ou broyat offriront de la porosité, et terre végétale et/ou compost apporteront de la structure et un engrais naturel.

02 Fév 2020

Festival des jardins de Chaumont sur Loire

Conception (non lauréat)
2019
Chaumont sur loire
30 000€
Partenaire de projet : Sicle
Type
Date
Lieu
Budget
Client
 

 

 

 

 

 

 

Place au vélo !

Figure de proue d’un mouvement irrésistible pour la vie dans les jardins, la communauté professionnelle des jardiniers à vélo a co-conçu ce jardin à l’image de leurs pratiques, écologiques et participatives.

Et si c’était ça le paradis ?

Face au spectateur, leur vélo annonce une promesse de paradis, sème ses fleurs et ses idées au creux de sillons respectueux et s’immisce dans les pratiques traditionnelles de jardinage où la spontanéité s’efface souvent derrière la technicité.
A l’entrée du jardin, le végétal est maîtrisé, contrôlé, artificialisé. Il exprime la toute puissance du jardinier et le déséquilibre de la symbiose originelle entre l’homme et la nature. Les plantes sont des clones, sélectionnées pour des caractéristiques subjectives, dans un objectif unique : esthétique, productif ou d’agrément. Ignorant tout des interactions entre le végétal et son environnement, l’homme tire de l’exploitation du végétal un profit aveugle et égoïste.

Le paradis imaginé par la communauté des jardiniers à vélo se dessine grâce à des pratiques innovantes, où chaque plante est respectée. La palette du jardinier est large, colorée et diverse : plantes spontanées, comestibles, mellifères ; utiles pour l’homme mais aussi pour le sol, la faune, et l’écosystème dans son ensemble. Les cycles de la nature sont favorisés et les matériaux recyclés. Les sillons de la bicyclette, à l’image des traces que laissent le jardinier, s’effacent peu à peu
dans ce jardin où la place de la nature, de sa spontanéité et de son équilibre inné, est respectée. Pour autant, l’homme, comme le jardinier n’est pas exclu, bien au contraire. Il prend sa place et son rôle, au coeur du jardin. Sa responsabilité est immense, son devoir entendu : être le moteur (à pédale !) de la transition écologique et sociétale !

 

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